Côte d’Ivoire / Emploi : « Il faut rendre l’agriculture sexy pour attirer les jeunes »

Le type d'image valorisante de la profession agricole auquel Patricia Zoundi, présidente du MPME-fondatrice de Canaan Land, (sur la photo) appelle de tous ses vœux pour attirer de plus en plus de jeunes


Le Centre d’Etudes Prospectives, un think tank crée en 2021, a organisé un webinaire sur la thématique « Chaînes de valeur agricoles : Quelle politique d'autonomisation de la femme pour un avenir durable ? » le jeudi 24 Mars 2022. A cette occasion, Patricia Zoundi, Patricia Présidente du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises, MPME, est intervenue sur les facteurs à l’origine du désintéressement des jeunes femmes pour l’agriculture et les leviers politiques pour agir.

Pour la fondatrice de Canaan Land, une PME qui promeut une agriculture raisonnée et inclusive, sa communauté agricole, composée à majorité de femmes, est vieillissante avec une moyenne d’âge de 55 ans. La jeunesse est aux abonnés absents. Fort de ses expériences, elle en déduit que l’agriculture telle que pratiquée en 2022 en Côte d’Ivoire et en Afrique est loin d’être sexy. Par conséquent, elle ne peut attirer les jeunes notamment les femmes.

« En ce 21è siècle, dans nos pays africains, l’agriculture est encore pratiquée à l’ancienne, avec l’usage de la daba et de la machette. Cela rend pénible le travail de la terre, ça ne fait pas rêver et ça ne donne pas l’envie à la jeune fille de s’y lancer. A cause de cette pénibilité, aucune des femmes agricultrices ne peut y encourager sa fille », explique-t-elle.

Pour renverser la tendance et permettre au secteur agricole d’enregistrer de plus en plus de jeunes, la présidente du MPME recommande de rendre le travail de la terre moins physique grâce à la technologie et à l’innovation et promouvoir de petits sites de production aussi bien aménagé qu’un bureau notamment avec les cultures hors-sol. Aussi, exhorte-t-elle à communiquer autrement sur la profession. Une affiche qui présente des paysans en haillons, le visage transpirant et vieilli par l’effort ne pourrait susciter l’amour de l’agriculture. Sinon le contraire.

Selon Kaba Nialé, membre Fondateur du Centre d’Etudes Prospectives, ce webinaire sur les Chaînes de valeur agricoles soulève le défi de l’autonomisation de la femme. Pour la ministre ivoirienne du Plan et du Développement, cette plateforme offre un cadre d’échange et partage d’expérience qui permet de faire des propositions d’intégration dans la chaine agricole de valeur agricole, une potentialité insuffisamment exploitée.

La production agricole mondiale est aujourd’hui estimée à un demi-milliard de tonne pour une population de 8 milliards de personnes. Un chiffre qui devrait doubler d’ici 50 ans au plan mondial et 25 ans en Afrique. En d’autres termes, la population mondiale et africaine augmentent plus que ne l’est la production agricole. Selon les experts, l’équilibre ou l’autosuffisance passe nécessairement par le développement et la modernisation durable des chaînes de valeur agricoles, avec une participation active du secteur privé. Et les femmes ont été invitées à investir toute la chaine de valeur, principalement les segments les plus rentables.

LAWANI Babatundé



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