Côte d’Ivoire / Société : Malgré leur contribution à la richesse nationale, les agriculteurs restent les plus pauvres du pays

Silwé Segorbah, Directeur Exécutif du CREFDI, partenaire national du réseau panafricain Afrobaromètre
Silwé Segorbah, Directeur Exécutif du CREFDI, partenaire national du réseau panafricain Afrobaromètre

Le Centre de Recherche et de Formation sur le Développement Intégré, CREFDI, partenaire national du réseau panafricain AfroBaromètre, a rendu public, ce vendredi 29 Mai, les résultats de son enquête sur l’Emploi, la pauvreté, la corruption et l’accès à l’eau potable.
De cette enquête menée sur un échantillon de 1.200 adultes ivoiriens, du 1er au 16 Novembre 2019, il ressort qu’un ivoirien sur quatre travaillent comme agriculteurs, pêcheurs, forestiers, ou fermiers.  Mais ils sont les plus pauvres, loin derrière les citoyens qui n’ont jamais eu d’emploi. La pauvreté vécue connaît une croissance constante depuis 2014 et le marché de l’emploi est morose.
« Notre enquête n’a pas traité de la cause de la pauvreté. Cependant, nous avançons certaines hypothèses pour comprendre cette situation de précarité  chez nos agriculteurs. Les recettes générées par ces braves travailleurs sont-elles suffisantes ? Si oui, sont-ils outillés pour la bonne gestion de leurs revenus ? Ou alors, le système mis en place par le gouvernement leur offre-t-il la capacité de résilience face aux différents chocs liés aux cours des matières premières », s’interroge Silwé Sergobah, Directeur Exécutif du CREFDI.  
Quant à la corruption, cette dernière en enquête en date de AfroBaromètre révèle qu’elle gagne du terrain et renforce ses fondations. De 2013 à 2019, la corruption a progressé de façon régulière. Les pots-de-vin versés aux agents de police ont doublé. La perception de la corruption a été multipliée par 1,5 sur la même période dans le cas des agents de police et de gendarmerie. 
En 2019, sept ivoiriens sur 10 considèrent que le gouvernement adresse « très mal » ou « plutôt mal » le problème de la corruption dans l'administration publique. Et 70%  à 80% des citoyens craignent de plus en plus des représailles s'ils signalent des cas de corruption.
« L’actualité liée à la lutte contre la pandémie de la Covid 19,  soulève la question de la bonne gestion et la destination de tous les dons enregistrés. Comme vous le savez, il y’a eu des cas de corruption avérés à ce sujet » poursuit Silwé Sergobah. 
La fourniture des services d’eau et d’assainissement, elle, reste insuffisante. Malgré une amélioration de l’accès à l’eau potable dans la maison, au moins un ivoirien sur deux en manque plus ou moins régulièrement durant l’année. 
Trois citoyens sur 10 ont comme principale source d’eau pour les besoins domestiques un puits et quatre sur 10 ne possèdent pas de toilettes ou latrines à l’intérieur de leurs concessions. De 2013 à 2019, au moins un ivoirien sur deux sont insatisfaits de la réponse du gouvernement à la fourniture de services d’eau et d’assainissement.
Afrobaromètre est un réseau panafricain, indépendant, à but non-lucratif de recherche par sondage qui produit, depuis 1999, des données, sur les expériences et appréciations des africains, relatives à la qualité de vie, à la gouvernance et à la démocratie. Avec pour objectif de donner au public une voix dans les processus de prise de décision politique.

LAWANI Babatundé 

 

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