Afrique / Bourse: « L’attraction de nouvelles sociétés est un challenge » DG BRVM

Edoh Kossi Amenonvé, DG BRVM au J-CAP 2020, le 11 février à Abidjan 

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, BRVM, premier marché financier intégré au monde avec 8 pays de l’UEMOA, enregistre 46 sociétés cotées dont 35 ivoiriennes. Un bilan bien trop faible, en termes d’admission d’entreprises, pour une bourse créée, il y’a plus de 20 ans.
Intervenant au cours d’un panel à la conférence internationale sur le développement des marchés financiers, J-Cap 2020, le mardi 11 février dernier à Abidjan, Edoh Kossi Amenounvé, Directeur Général de la BRVM a affirmé que « l’attraction de nouvelles sociétés est un challenge », non sans évoquer quelques freins à cela.
La privatisation des sociétés d’État, perçue comme le moteur de développement et de croissance de marchés de capitaux, est encore d’un faible niveau dans la sous-région. Ces dernières années, 442 entreprises ont été privatisées à travers le monde dont 80% en Asie et quelques dizaines en Afrique. Au sein de l’UEMOA, les programmes de privatisation n’ont pas toujours abouti à l’attraction de sociétés à la BRVM, sauf en Côte d’Ivoire avec trois cas.
« Comment allons-nous arriver à faire partager la croissance à nos populations, à faire détenir les actifs de nos pays par nos populations, si nous n’arrivons pas à privatiser les grandes entreprises ? », s’intérroge Edoh Kossi Amenounvé, Directeur Général de la BRVM.
 Avant de soutenir que « l’arrêt de subvention des sociétés d’État, l’amélioration de la gouvernance de ses sociétés et surtout le fait de pouvoir faire détenir les actifs nationaux par les investisseurs locaux, en devenant actionnaires des grandes entreprises de nos pays sont les avantages, les indices évidents à la privatisation ».
Quant aux admissions volontaires en Afrique, 15 bourses sur 30 ont un compartiment dédié aux PME. Ces 15 bourses enregistrent seulement 100 sociétés cotées. Parmi les causes énumérées figurent les frais d’admission jugés élevés, l’ouverture à d’autres actionnaires et la soumission à des règles de diffusion d’information financière, de gouvernance et de transparence.
« Le problème n’est pas le coût d’accès, de même pour la fiscalité. Le Maroc qui a subventionné les frais d’entrée en bourse n’en a pas attiré. L’élément fondamental, c’est que les PME soit formées et sensibilisées à venir en bourse. Et qu’en face, il y’ait une demande préparée des investisseurs, qui s’exprime et qui permettent de garantir de leurs opérations », explique-t-il.
« On ne peut construire des champions nationaux dans notre sous-région, qui vont soutenir la compétitivité régionale, continentale et internationale sans que ces entreprises n’aient accès à des financement de long terme, suffisamment important pour financer leur croissance et avoir les moyens de soutenir la concurrence » a-t-il ajouté.
En attendant que les petites et moyennes des entreprises soient prêtes, la BRVM, la BAD et le CREPMF ont entamé des réflexions sur la possibilité d’émettre des baskets bonds, un emprunt obligataire groupé en leur faveur, pour leur permettre d’expérimenter l’accès au marché, les relations avec les investisseurs et se préparer à venir sur le marché.
« Si nous parvenons à enregistrer 30 grosses Pme dans la sous-région et une centaine à Casablanca, grâce au programme Elite de préparation de ces entreprises à forte potentialité de croissance, cela va véritablement changer la physionomie des bourses africaines» conclut Edoh Kossi Amenonvé, Directeur Général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilière et de la Banque de Règlement.

LAWANI Babatundé






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